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"Les enseignants de CM2 puis ceux de CE1 sont amenés à faire passer les évaluations nationales à leurs élèves. Comment situer ces évaluations nationales par rapport aux évaluations faites plus régulièrement en classe ? En quoi ces évaluations nationales peuvent-elles permettre de repérer les élèves en difficulté ? Comment présenter les évaluations nationales et leurs résultats aux parents, aux élèves ?... Autant de questions qui soulèvent des problèmes, voire des révoltes dans les équipes. Le texte présenté ici, rédigé par Elisabeth Lhéritier, adjointe pédagogique à la DIEC de Franche Comté, tente de donner quelques clarifications en relativisant la place des évaluations nationales par rapport au travail de suivi exercé par les enseignants sur le terrain".
-1/ Les obligations du chef d’établissement
L’organisation des évaluations nationales et la remontée des résultats aux instances académiques relèvent d’une obligation pour le chef d’établissement.
-2/ Les objectifs de cette évaluation
Les évaluations nationales sont avant tout un instrument d’aide au pilotage du système.
Elles ne devraient donc pas être utilisées pour une régulation des projets individuels des élèves en difficulté.
Si un élève qui ne pose pas problème habituellement a de faibles résultats aux évaluations nationales, on pourra parler d’accident de parcours et, rien ne sera à mettre en place pour remédier. C’est cette information qu’il sera important de transmettre aux parents certes, mais aussi, et peut-être surtout, aux élèves. L’erreur serait de croire que ces évaluations sont d’abord destinées à rendre compte de résultats individuels...
Il me semble qu’il est important, pour les enseignants de CM2, d’échanger avec leurs élèves sur les objectifs de cette évaluation nationale, et, de situer son importance moindre, voire inexistante, pour leurs résultats personnels, par rapport à toutes les évaluations faites en classe. Une façon de mettre les élèves en échec serait de donner trop d’importance à ce qui n’est que secondaire, ce qui n’est qu’un événement sur un parcours...
-3/ La communication aux parents
Les résultats des évaluations nationales doivent faire l’objet d’une communication aux parents, certes. Mais, c’est sans doute là le point le plus délicat de ces évaluations.
Le chef d’établissement des écoles catholiques reste le responsable de l’organisation de cette communication. Il pourra donc, en lien avec son équipe, réfléchir aux modalités de communication choisies pour ne pas informer sur des difficultés qui n’existent pas (c’est à dire en fait désinformer), stigmatiser des élèves et des parents déjà en difficulté... perdre son temps dans une information qui n’apporte rien de plus à l’information déjà donnée.... Donner l’impression aux parents qu’on leur cache quelque chose... Cette communication sera donc à situer dans le cadre de la communication habituelle faite aux parents concernant les résultats des élèves...
D’autre part, quel que soit les modalités de communication choisie, il est aussi nécessaire de réfléchir à l’objet de la communication. Au moins trois cas peuvent se présenter :
- une communication simple, rapide des résultats aux évaluations nationales... Puis, poursuite du travail pédagogique mis en place dans les classes...
- une communication sur les résultats aux évaluations nationales et sur les interprétations individuelles que l’on peut en faire... Dans ce cas, la communication devra prendre en compte les évaluations nationales et tous les autres documents d’évaluation de la classe ainsi que le parcours de l’élève et le cas échéant les objectifs fixés par les PPRE ou autres projets. (En quoi les évaluations nationales complètent ou régulent les informations déjà connues). En aucun cas, des évaluations nationales peuvent à elles seules permettre de déclarer un élève en difficulté ou non... Des résultats aux évaluations nationales faibles ne peuvent pas, systématiquement, entraîner une interprétation de difficulté pour l’élève. Une seule situation d’évaluation "ratée" n’est pas suffisante pour définir ou pronostiquer un échec...
- une communication sur les résultats aux évaluations nationales et la recherche (avec les parents, voire l’élève concerné) de pistes pour agir. Dans ce cas, là encore, les évaluations nationales ne peuvent pas permettre à elles seules de bâtir des projets. Et tout résultat négatif aux évaluations nationales ne nécessitera pas forcément la mise en place de projets autres que ceux qui existent déjà... Ou, pour le dire autrement, des résultats aux évaluations nationales faibles ne peuvent pas entraîner systématiquement la mise en place de remédiations supplémentaires par rapport aux actions déjà mises en place... On peut faire l’hypothèse que tous les élèves en difficulté de CM2 sont déjà repérés et pris en charge parfois depuis plusieurs années. (Les évaluations nationales n’apporteront donc rien au travail pédagogique entrepris...). Si tel n’était pas le cas, un questionnement en équipe serait urgent et d’une importance capitale naturellement. Par contre, dans certains cas, en fonction des besoins, les évaluations nationales peuvent être l’occasion de requestionner en équipe les pratiques de communication de l’école sur les résultats des élèves ou de faire le point sur ces pratiques de communication...
-4/ L’exploitation des données recueillies
- Au niveau national
Que l’éducation nationale cherche à se doter d’outils fiables pour piloter... L’intention est louable...
Les résultats des élèves aux évaluations nationales ne peuvent être qu’un outil parmi d’autres, cela va de soi...
Qu’il soit nécessaire d’être vigilent sur les modalités d’exploitation de ces outils, sur la lecture que l’on peut faire des résultats, sur les circuits de diffusion des informations.... sans aucun doute.
Et la première vigilance à avoir, même si la médiatisation de ces évaluations nationales n’aide pas, c’est de ne pas donner à ces évaluations nationales un sens qu’elles ne peuvent pas avoir.
On peut aussi attendre des spécialistes de l’évaluation au niveau national qui vont analyser les résultats la prise en compte des biais de cette évaluation, que certains d’entre vous ont relevés : l’année est en cours et donc les apprentissages sont en cours..., les enseignants sont libres d’entrer dans les différents apprentissages dans l’ordre qui est adapté aux besoins des élèves..., certaines consignes renvoient à du vocabulaire spécifique que des élèves peuvent ne pas avoir mémorisé..., comme il s’agit d’épreuves standardisées, comme dans tout test de ce type, certaines sont faites pour être réussies par tous les élèves, d’autres, pour être réussies par un nombre très limité d’élèves..., parmi les élèves qui répondent il y en a qui sont en grande difficulté voire handicapés....
Quant à la comparaison entre établissements, elle ne pourra se faire qu’entre des réalités comparables, naturellement. En principe, seuls les responsables auront accès, directement, à ces informations. Ceci devrait limiter les interprétations fausse ou hâtives…
Cette prudence dans la qualité des informations diffusées est sans doute le deuxième point sur lequel il est nécessaire de rester vigilent
- Dans les écoles
Par contre, les résultats globaux des élèves d’une école, qui témoignent de l’ensemble du travail fait dans un cycle et pas simplement du travail de CM2, peuvent aider à réguler les orientations prioritaires de travail pour le cycle dans le but d’améliorer les pratiques pédagogiques... Naturellement, s’ils sont mis en lien avec d’autres observations... Ils apporteront simplement un éclairage supplémentaire...
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date de mise en ligne : 11 février 2009